Photo : Eduardo Ralickas

Sophie Bélair Clément : 2 rooms equal size, 1 empty, with secretary,(1)

27 septembre 2012 au 26 janvier 2013

Vernissage : jeudi 4 octobre à 18 h

(1) « Plan général de la galerie. Deux pièces de superficie égale, l’une étant vide, avec secrétaire, téléphone, bureau, meuble de classement et catalogue. L’autre contenant deux œuvres de chaque artiste ». Seth Siegelaub, livre des visiteurs et notes préparatoires, I.A.43, «January 5-31, 1969» [le «January Show»], archives du Museum of Modern Art, New York.

Raphaël Huppé Alvarez, Vincent Bonin, Marie Claire Forté et David Tomas ont accepté de participer à une exposition organisée par Sophie Bélair Clément, qui a accepté l’invitation du commissaire Eduardo Ralickas.

 

Les participants souhaitent remercier Adrian Piper pour la correspondance, Éric Legendre pour la transmission de l’information, Julie Fournier Lévesque pour la médiation, k.g. Guttman, Kelly Keenan et Alanna Kraaijeveld pour leur soutien chorégraphique, Marjolaine Bourduas pour l’espace, Jon Knowles pour la chaise, Jo-Anne Balcaen et Audrée Guérin, ainsi que PRIM, les techniciens à la fabrication de décors de Radio-Canada, et le Conseil des arts et des lettres du Québec.

 

Sophie Bélair Clément En manipulant le livre photographié par David Tomas, je remarque que sur l’image, l’ouvrage est ouvert précisément aux pages centrales du texte. L’observation de la trame de la chaise de plage me rappelle le problème de moirage lors de l’impression de l’œuvre, qui se révélait à une certaine échelle. Questionnant licence artistique et historiographie, je travaille depuis quelques années avec la collaboration de travailleurs culturels et amis dont David Jacques (bruitage), Olivier Girouard (composition), Olivier Maranda (percussions), Kingdom Shore (quatuor à cordes et électronique), Benoit Bourdeau (menuiserie), Simon Guibord (graphisme), Vincent Bonin et al.

Vincent Bonin vit et travaille à Montréal. Comme commissaire, il a notamment organisé le projetProtocoles documentaires (1967-1975) à la galerie Leonard & Bina Ellen de l’Université Concordia (Montréal) constitué de deux expositions (2007-2008) et d’une publication (2010) rendant compte de l’essor des premiers collectifs d’artistes et structures autogérées au Canada. Il est co-commissaire (avec Grant Arnold, Catherine Crowston, Barbara Fischer, Michèle Thériault et Jayne Wark) de Trafic : l’art conceptuel au Canada (1965-1980) en tournée pancanadienne depuis septembre 2010. Avec la conservatrice Catherine J. Morris, il a organisé une exposition sur la critique américaine Lucy R. Lippard intitulée Materializing « Six Years » : Lucy R. Lippard and the Emergence of Conceptual Art, qui a été inaugurée au Elizabeth Sackler Center for Feminist Art du Brooklyn Museum en septembre 2012. Il organise également des expositions en étroite collaboration avec des artistes (Jon Knowles, 2010, et plus récemment, Sophie Bélair Clément), où les catégories professionnelles sont brouillées. Ses textes figurent, entre autres, dans les anthologies Ouvrir le document : Enjeux et pratiques de la documentation dans les arts visuels contemporains (Dijon, Les presses du réel, 2010) et Institutions by Artists (Fillip, Vancouver, 2012).

Charles et Ray Eames figurent parmi les designers américains les plus importants du vingtième siècle. Leur renommée tient à leurs contributions majeures dans le champ de l’architecture, de la conception de meubles (cf. la chaise Eames), du design industriel, des techniques d’usinage et de la photographie. Au début des années 1950, les Eames s’intéressent à la photographie et au cinéma. Ils ont créé plus de quatre-vingt-cinq court-métrages (d’une durée de deux à trente minutes) consacrés à des sujets variés : les toupies, le monde de Franklin et de Jefferson, les créatures aquatiques et l’explication de concepts mathématiques et scientifiques comme le fonctionnement de l’ordinateur (pour plus de détails, voir http://www.eamesoffice.com/charles-and-ray).

Marie Claire Forté se penche sur l’écoute et l’espace en chorégraphie ; les détails la touchent particulièrement. 1 x White High Neck PVC Catsuit (model 20241) ; Size: Please Select… ; Height (Inch): 72 ; Weight (Kg): 65 ; Sleeve (Inch): 33 ; Leg Length (Inch): 35 ; Bust (Inch): 36 ; Waist (Inch): 30 ; Hip (Inch): 40 ; Shoulder (Inch): 17 ; Neck Size (Inch): 15 ; Thigh Size (Inch): 23. Mesures prises un peu rapidement le 21 août 2012, l’après-midi, avec un fil à coudre gris et un petit ruban à mesurer rose de marque Tuf-E-Nuf. Elle collabore avec Alanna Kraaijeveld, Catherine Lalonde, Sophie Bélair Clément, Vincent Bonin et Projet BK, et danse pour Louise Bédard et Ame Henderson. De 2004 à 2008, elle danse pour de nombreux chorégraphes au maintenant défunt Groupe Lab de danse, où elle s’entraîne auprès de Peter Boneham. Parallèlement, elle traduit pour des organismes artistiques et des artistes, elle écrit et elle enseigne la danse.

Julie Fournier Lévesque n’est pas Adrian Piper. Adrian Piper n’est pas Julie Fournier Lévesque.

Raphaël Huppé Alvarez s’implique dans la réalisation de projets éclectiques ayant en commun une sensibilité artistique singulière, un amour pour la matière et un grand soin porté aux menus détails. Cultivant au fil de ses collaborations une attention portée à l’aspect unique de chaque projet, il a participé en tant qu’assistant à la réalisation de nombreux projets artistiques en arts visuels, en cinéma et en design. Après sept ans comme entrepreneur dans le milieu de l’ébénisterie et du design de meuble, il entreprend actuellement ses études en architecture, ce dont il rêve depuis qu’il est assez grand pour dessiner un marteau.

Éric Legendre né en 1969. Vit et travaille à Montréal. Père syndicaliste (décédé) ; mère chapelière (bien vivante). 1 sœur, trois frères. En couple depuis 17 ans ; marié (civilement). Ancêtres italiens. Entre 1987 et 1999, j’ai été disquaire, libraire, opérateur de téléphérique, magasinier et professeur d’un cours d’initiation et d’histoire de la photographie (avant l’ère numérique). Depuis 1999, je m’efforce de conjuguer les théories et pratiques d’un large champ qui regroupe la discipline archivistique, l’histoire, les sciences de l’information, les arts et la culture, me spécialisant — au fil des années, mais pas exclusivement — dans les pratiques artistiques liées aux (nouvelles) technologies, aux domaines de l’audio/visuel. J’ai acheté Out of Order, Out of Sight (volumes I et II) d’Adrian Piper en 2003, dans une librairie d’occasion, logée dans un centre commercial (à Ottawa) suite à une conférence sur la préservation électronique. Je donne ces deux livres à Julie Fournier Lévesque, le jour de son 30e anniversaire de naissance. Je connais Vincent Bonin depuis novembre 2001. En 2012, je travaille à Artexte.

Adrian Piper (Adrian Margaret Smith Piper, née en 1948) est une artiste conceptuelle de première génération et une philosophe analytique. Elle fait ses études primaires et secondaires au New Lincoln School. Pendant ses études secondaires, elle fréquente la Art Students’ League. Elle expose ses œuvres dans divers pays dès l’âge de vingt ans et termine ses études au School of Visual Arts en 1969. Tout en poursuivant une carrière artistique, elle reçoit un baccalauréat ès arts en philosophie (avec une mineure en musicologie du moyen âge et de la renaissance) du City College of New York en 1974. Elle obtient son doctorat en philosophie à l’université Harvard en 1981 sous la direction de John Rawls. En 1977-1978, elle poursuit des études sur Kant et Hegel sous la tutelle de Dieter Henrich à l’université de Heidelberg. Ses études formelles auront duré vingt sept ans. (Pour plus d’informations, voir http://www.adrianpiper.com/biography.shtml.)

Eduardo Ralickas s’intéresse aux dispositifs de délégation de l’énonciation. Le 1er mai 2012, il entre en fonction à Artexte en qualité de conservateur adjoint. Le 2 mai, il écrit un courriel à Sophie Bélair Clément pour l’inviter à développer un projet d’exposition. Entre le 3 mai et le 19 septembre, 227 courriels ont été échangés. Le 20 septembre, il rédige la présente notice autobiographique sous forme de citation, afin de répondre à une requête de Sophie Bélair Clément envoyée le 17 septembre : « “L’acte de discours qui énonce ‘je’ apparaîtra, chaque fois qu’il est reproduit, comme le même acte pour celui qui l’entend, mais pour celui qui l’énonce, c’est un acte chaque fois nouveau.” C’est “toi” qui remplit l’identité vide de la forme, qui opère la différence actuelle des “je” en identité. C’est “toi” qui constitue “je” comme “moi”. » (Émile Benveniste, cité par Louis Marin dans La voix excommuniée, Paris, Galilée, 1981, p. 26-27).

David Tomas est artiste et anthropologue. Ses œuvres visuelles et ses performances ont été présentées dans le cadre de nombreuses expositions au Canada, aux États-Unis et en Europe. Son dernier livre est intitulé Escape Velocity: Alternative Instruction Prototype for Playing the Knowledge Game (Wedge Publication, 2012).