Serge Lemoyne. Couverture de la revue Allez chier, no 1, mars 1969. Collection d’Artexte.

Michael Blum @ Artexte

Pour son projet de résidence de recherche à Artexte, Michael Blum travaille avec les périodiques de la collection et explore la zone entre fanzine et magazine d’art, entre photocopie et offset. Il se concentre sur les publications des années 1960 à la fin des 1980, qui sont plus ou moins DIY, faites à la main ou presque, produites avec peu ou pas de soutien financier, et prenant forme à travers l’esthétique de la critique sociale propre aux mouvements Fluxus, à la scène punk et à la bande dessinée.

Sa recherche se concentre sur la région de Montréal, et s’étend au Québec, au Canada et à l’Amérique du Nord. Comme le début du projet de recherche l’a néanmoins démontré, il y a peu de différences entre ces lieux, tant ils sont connectés et conscients des activités les uns des autres.

Il s’intéresse non seulement aux périodiques eux-mêmes, mais aussi à la façon dont nous les percevons aujourd’hui – publications progressistes, parfois transgressives, qui témoignent de la liberté de ton de l’époque vues depuis l’ère du numérique et du désastre politique et moral.

Michael Blum est un artiste né à Jérusalem, ayant étudié à Paris, oeuvré entre autres à Amsterdam et Vienne, et vivant à Montréal depuis 2010, où il est professeur à l’École des arts visuels et médiatiques (UQAM). Ses projets incluent Exodus 2048, qui mettait en scène un possible futur au Moyen-Orient (Van Abbemuseum, Eindhoven, 2008 ; New Museum, New York, 2009), Our History // Notre histoire, une paire de musées nationaux parodiques, dédiés à la préservation et à la présentation de l’histoire et de la culture canadienne et québécoise (Galerie de l’UQAM, Montréal, 2014), et Palazzo Chupi, une enquête sur la relation entre l’art et l’immobilier du peintre et réalisateur Julian Schnabel dans le West Village à New York. En 2016, il a produit Remorial Arnhem (Sonsbeek’16, Arnhem, NL), une série de 12 sites commémoratifs à travers Arnhem, défiant le caractère incroyablement unidimensionnel de la mémoire de 1944 et ouvrant une multitude de récits puisés dans le tissu urbain, ainsi que The Swap, dernier épisode du PolEc Trilogy. Il est présentement chercheur à l’Institut canadien de la photographie d’Ottawa, où il revisite l’iconique collection du service de la photographie de l’Office national du film.