Résidence 2006 : Stephen Wright

Les pratiques artistiques à faible coefficient de visibilité

Invité à titre de chercheur en résidence à Artexte, Stephen Wright s’est intéressé aux pratiques à très faible cœfficient de visibilité artistique, ouvrant la perspective d’un nouveau statut pour l’art : sans oeuvre, sans auteur, sans spectateur. Envisager l’art sous cet angle, à savoir en termes de compétence et non en termes de performance, a une conséquence immédiate : l’art perd sa visibilité en tant que tel, ne pouvant s’appuyer que sur son histoire. Pour des pratiques qui se situent dans la lignée des arts visuels, et plus encore pour les institutions normatives qui les gèrent, le problème n’est pas négligeable, car s’il n’est pas visible, l’art échappe à tout contrôle, à toute prescription, en somme à toute « police ». Si l’on trouve aujourd’hui de plus en plus de pratiques ayant sacrifié leur coefficient de visibilité artistique, n’est-ce pas afin de retrouver une certaine capacité à nuire dans le régime sémiotique dominant ?

Stephen Wright est critique d’art et directeur de programme au Collège international de philosophie (Paris). Commissaire d’expositions indépendant, il prépare actuellement « Rumeur comme média » (Aksanat, Istanbul), suite à « In Absentia » (Passerelle, Brest), et à « L’avenir du ready-made réciproque » (Apexart, New York), expositions collectives faisant partie d’une série de projets qui, en interrogeant des pratiques artistiques à faible coefficient de visibilité artistique, soulèvent la question d’un art sans oeuvre, sans auteur et sans spectateur.