Les affiches ne meurent jamais

Les affiches ne meurent jamais

Projet | Artistes & Affiches

Le projet

C’est dans le cadre d’un échange culturel franco-québécois, que cette série de 14 affiches de type « écritures visuelles », réalisées par une jeune génération d’artistes québécois et français, a été publiée. Afin de soutenir la diffusion de ce travail, l’accueil de 5 des artistes québécois a été programmé pendant le printemps 2003, en Aquitaine. Dans l’idée de créer une réciprocité, certains des artistes français devaient séjourner au Québec en 2004.

Ce projet est né à l’automne 2000, pendant la résidence des artistes français, Delphine et Michel Herreria, au centre d’art et de diffusion Clark, à Montréal.

L’année suivante, lors de la Saison française au Québec, Didier Vergnaud, directeur des éditions Le bleu du ciel (Bordeaux), est invité au Salon du livre de Montréal et à l’Université Laval, à Québec. Il y présente ses dernières publications et expose plusieurs numéros de la revue murale de poésie, L’affiche, qu’il a créée en 1990. Cette revue murale trimestrielle repose sur le principe de réunir, sur un même support – une affiche sérigraphiée de format abrisbus – les œuvres d’un (ou de plusieurs) poète(s) et d’un (ou de plusieurs) artistes. L’enjeu est d’exposer chaque proposition, unique, dans le mobilier urbain des villes afin de restituter la création contemporaine dans l’espace public.

À Montréal, la rencontre de différents acteurs culturels québécois, dont Jacques Perrin, alors attaché culturel du consulat général de France, et Sonia Pelletier, critique d’art et commissaire d’exposition montréalaise, cimente l’idée d’un échange artistique entre les deux pays, prenant rapidement la forme d’une aventure éditoriale.

Le commissariat artistique est alors attribué, en France, à Michel Herreria et, au Québec, à Sonia Pelletier afin de rassembler des artistes intéressés par ce support d’affiches sérigraphiées de grand format (120 x 176 cm). En effet, défiant en cela leurs pratiques habituelles, la proposition consistait à investir un espace bidimensionnel, traditionnellement dévolu à la communication publicitaire et commerciale. Un autre critère était inhérent au projet : il reposait sur un engagement personnel consistant à s’investir dans les rencontres publiques et les différents ateliers de production programmés avec les groupes scolaires.

En mars 2003 est publiée cette série de 14 affiches sérigraphiées, réalisées par 9 artistes québécois, Patrick Altman, Nicolas Baier & Emmanuel Galland, Mathieu Beauséjour, Marc Leduc & Benoit Bourdeau, Emmanuelle Léonard, Richard Martel, Carlos Sainte-Marie, et 8 artistes français, Didier Courbot, Delphine & Michel Herreria, Valérie Jouve, Stefan Nikolaev, Babeth Rambault, Franck Tallon, Tatiana Trouvé.

Voici donc 17 artistes contemporains qui se réapproprient l’affiche (synthèse entre image et message), évoquant le concept d’œuvres actives. L’affiche crée son propre espace d’intervention, un aller-au-contact, lieu de polémiques, de remises en cause et de subversions.

Ces artistes s’adressent à tous, très directement, dans la réalité d’un échange voulu, qui est également sensible dans certains extraits de leur notice, notamment par ces quelques exemples : « […] se situer comme un élément de perturbation qui soit un moment d’interrogation dans l’univers plus ou moins standardisé de la culture » ; « un appel à la vigilance » ; « Allons-nous nous arrêter au quai de la révolution ou irons-nous plus loin ? […] C’est à vous que je m’adresse. Persistance.»

L’affiche serait, comme le suggère Nathalie Leleu, « une invitation à la négociation. Profitez-en ».

Sonia Pelletier, Michel Herreria, commissaires artistiques.
Didier Vergnaud, directeur des éditions Le bleu du ciel.

Artistes & Affiches

Richard MartelART-RAT au Kunstsanatorium, 2003
Richard Martel

L’univers performatif est un système alimentaire dans sa quête de déstabiliser les normes et habitudes culturelles. Les artefacts et les processus sont des combinatoires pour créer des situations où tout peut s’ajuster dans l’univers des apparences et des dispositions.

Pour l’artiste de l’art action et de performance, il s’agit de se situer comme un élément de perturbation qui soit un moment d’interrogation dans l’univers plus ou moins standardisé de la culture. La perception de chaque moment d’activité artistique est toujours relative et l’univers performatif colporte la déstabilisation des modèles régnants.

Chaque moment performatif peut ainsi être traité comme un artefact suscitant une prise de position de la part du « regardeur ». Une image synthétique d’une séquence performative témoigne, comme le serait une peinture ou une photographie, d’un brassage mémoriel métamorphosé statiquement dans son processus dynamique. Auteur : Richard Martel

Né en 1950, Richard Martel vit et travaille à Québec. Artiste multidisciplinaire, théoricien activiste, performeur, professeur d’art actuel, il est également l’un des fondateurs du centre d’art actuel Le Lieu (à Québec) et des éditions Interventions dont est issue la revue Inter. Il organise depuis plusieurs années les rencontres internationales d’art performance.

Légende : 7th Internationale Performance Konference, Kunsthaus Glarus, Suisse, 1999. © Ralf Samens.

Didier CourbotVanishing Point, 2003
Didier Courbot

Du 29 mars au 18 avril 2004

Didier Courbot puise dans le réel comme dans un répertoire d’originalités où tout doit rester obstinément vraisemblable. Il s’agit de prendre en compte l’interrogation récurrente du monde et de tirer son épingle du jeu en introduisant des éclats d’étrangeté et des fragments de fiction. Il s’agit de produire des instants de vacillement où le familier se découvre inconnu, incertain et livre sa part de secret. Pas de meilleur excitant de l’imaginaire que le détail qui intrigue, la bifurcation qui ouvre d’autres espaces dans la réalité la plus plate. Il suffit ainsi d’un tee-shirt blanc avec une inscription, écrite au marqueur noir, qui propose de conduire une voiture dans un désert, pour qu’une banale situation urbaine bascule dans un flottement où plusieurs récits s’entrecroisent et se confrontent en un incessant mouvement. Auteur : Didier Arnaudet

Didier Courbot est né en 1967. Il vit et travaille à Paris. Expose depuis 1997, en France et à l’étranger. Avec l’aimable permission de la Galerie Nelson, Paris.

Carlos Sainte-MarieArtwork in Progress, 2003
Carlos Sainte-Marie

Du 15 mars au 27 mars 2004

Dispersés sous le poids d’un tracteur, les mots « Artwork in Progress » propose un regard sur le processus et les actions poétiques qui caractérisent l’élaboration d’un résultat. Questionnant les fondements temporels et les champs d’exploration de la recherche, cette affiche supporte un arrêt, une pause déterminant un choix ultime à travers un parcours encore en mouvement.

Au public qui, sans cesse criblé d’images, de textes revendicateurs et vendeurs, aux publics cibles, traqués des stratèges de la séduction et de la réduction, je veux offrir un espace de réflexion. Sans être anodin ni capital, ce lieu tente de représenter « l’instant » qui, au travers des multiples actions produites avec ou sans réflexion, conditionne notre existence. Dilué et dirigé volontairement vers la reconnaissance du processus créatif, cet espace médiatique s’ouvre aussi à toute autre forme de pratiques réflexives, qu’elles soient politique, scientifique, sociologique ou simplement individuelle. Finalement « Artwork in Progress » commémore la volonté de faire de l’évolution et des mécanismes qui la régissent, le moteur de la pensée. Auteur : Carlos Sainte-Marie

Carlos Sainte-Marie vit et travaille à Québec où il a travaillé au centre l’Œil de poisson (Québec). Ses œuvres picturales ont été présentées dans plusieurs galeries à Québec et à Montréal.

Tatiana TrouvéSans titre, 2003
Tatiana Trouvé

Du 23 février au 15 mars 2004

Tatiana Trouvé assemble des informations, des activités et des résonances en production de sens qui s’agencent eux-mêmes en fragments de fiction, lesquels se développent à leur tour en étranges excroissances. Cette prolifération dépend d’un effet de surchauffe provoqué par la simple addition d’éléments qui entretiennent entre eux un rapport de proximité dangereusement surchargé. Ainsi, ce « Je reviendrai », qui s’étale sur les pages intérieures d’un passeport, se détache bien vite de son évidence première pour convoquer une réalité incertaine, fantomatique. Comme la partie émergée d’un iceberg qui inquiète dans la mesure où elle suggère des masses cachées difficiles à imaginer, ce collage propose une surface de jeu, faite pour être investie, mais où il faudra prendre le risque de découvrir des courants contradictoires, d’amples circonvolutions, des digressions et des rouages imprévisibles. Auteur : Didier Arnaudet

Tatiana Trouvé est née en Italie, en 1968. Vit et travaille actuellement à Paris. Expose depuis 1992, en France et à l’étranger. Avec l’aimable permission de la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris.

Emmanuelle Léonard Sans titre, 2003
Emmanuelle Léonard

Du 2 au 21 février 2004

« J’exige la vérité. À savoir, voir le mensonge, le trou, le ça, la déclaration et lever le voile que le corps jette sur l’âme ». — Emmanuelle Léonard

Née en 1971, Emmanuelle Léonard est photographe. Elle vit et travaille à Montréal où elle est membre, depuis 1998, du Centre d’art et de diffusion Clark. Son travail photographique a été présenté dans plusieurs expositions collectives et personnelles au Québec et en France. Elle a été artiste en résidence à la villa Arson, Nice, France.

Poster postérité, 2003Poster postérité, 2003
Stefan Nikolaev

Du 19 au 31 janvier 2004

5 minutes 30 constituent le temps moyen d’une respiration incandescente, d’un rapport singulier de l’esprit et du corps où l’un s’inspire de ce que l’autre expire, d’une tractation intime entre le désir, son attente et sa réalisation. Avec le tabac se consument momentanément la réalité des êtres, la nécessité des actes et les exigences des circonstances, au bénéfice d’une dimension latente et spéculative où le fumeur fait retraite. Jusqu’à la disparition de l’objet qui a initié cette transition.

C’est de cette parenthèse méditative que Stefan Nikolaev a fait son affaire, ainsi que de la matière des âmes qu’elle met en suspension dans cette respiration devenue le personnage principal de ses œuvres.

Quel est cet esprit occulte et facétieux niché au cœur d’une bouffée de tabac, ce tiers qui anime ce fluide chatoyant, tantôt vapeur caricaturalement hallucinogène, tantôt vecteur tangible de l’interdiction dont il sape l’autorité ? Poster postérité est une invitation à la négociation : profitez-en. Auetur : Nathalie Leleu

Stefan Nikolaev est né en 1970, à Sofia, en Bulgarie. Il vit et travaille à Paris, depuis 1988. Membre fondateur, en 1997, du collectif d’artistes contemporains Glassbox (Paris), il expose depuis 1993, en France et à l’étranger. Avec l’aimable permission de la Galerie Michel Rein, Paris.

Marc Leduc et Benoit BourdeauSans titre, 2003
de Marc Leduc et Benoit Bourdeau

Du 22 déc. 2003 au 17 janvier 2004

Forêt sauvage ou grotte cromagnonne,
les mot s’insinuent, les visages s’éclipsent
le sens s’insurge,
un centaure est planté là comme un intrus ahuri,
parmi ce « placottage » luxuriant.
Ajouter un grain de sel ou crier au loup.
Mieux vaut au contraire faire le sourd.
Silence et chuchotements.

Marc Leduc et Benoit Bourdeau vivent et travaillent à Montréal. Né en 1961, Marc Leduc est peintre et membre fondateur du centre d’art et de diffusion Clark (Montréal). Depuis 1983, il expose son travail essentiellement à Montréal.
Né en 1958, Benoit Bourdeau est auteur et plasticien. Il est également membre fondateur du centre d’art et de diffusion Clark. Depuis 1987, ses œuvres ont été présentées à Montréal et à Québec.

Valérie JouveLes petits loups ne sont pas allés
travailler aujourd’hui, 2003
de Valérie Jouve

Du 8 au 20 décembre

Valérie Jouve isole des parcelles d’un quotidien qui résiste à toute détermination précise. Les personnages ne tirent pas leur existence d’un environnement qui leur servirait de preuve, mais d’un faisceau d’indices qui finalement se chevauchent et se neutralisent. Ils se mêlent à l’espace et au temps, se figent dans des activités aux contours indéfinissables et rendent ainsi toute frontière difficile. Ils finissent par se fondre dans ce regard qui les saisit, par ne faire plus qu’un avec lui, en renonçant aux privilèges d’une économie narrative qui parviendrait à les modeler.
Et c’est ce regard qui devient image. Cette image surgit comme
une pointe inattendue qui transperce les strates successives de sédiments déposés par ce duel opposant transparence et apparence, surface et profondeur, intrigue et évidence. Auteur : Didier Arnaudet

Née en 1964, Valérie Jouve est photographe.Elle vit et travaille à Paris. Expose, depuis 1995, en France et à l’étranger. Représentée par la Galerie Anne de Villepoix, Paris.

Mathieu BeauséjourPersistance, 2003
de Mathieu Beauséjour

Du 24 novembre au 6 décembre

« Est-ce que les affiches survivent au temps où elles n’ont comme fonction qu’annoncer/dénoncer l’événement ? Les révolutions survivent-elles aux temps ou bien ne sont-elles que le symptôme d’une époque ? Certains collectionnent les affiches, de cinéma surtout, mais aussi de propagande ou de signalisation.

Ce projet s’inscrit dans une propagande encryptée. La proposition reste ambiguë, comme chacun de nous.

Allons-nous nous arrêter au quai de la révolution ou irons-nous plus loin ? Construirons-nous des tribunes sur l’état de la générosité ? Escaladerons-nous de grosses montagnes de sucre* ? Disséminerons-nous les slogans du parti anarcho-utopiste ? C’est à vous que je m’adresse. Persistance. » Auteur : Mathieu Beauséjour

*Big rock candy mountain de Harry McClintock dit « Haywire Mac » (chanson populaire américaine).

Mathieu Beauséjour est né en 1970. Il vit et travaille à Montréal. Coordonne actuellement la programmation au centre d’art et de diffusion Clark et est membre du conseil d’administration du regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec (RCAAQ). Depuis 1994, il collabore à de nombreuses expositions personnelles et collectives au Canada et en France.

Delphine et Michel HerreriaEssorer le Simpson, 2003
de Delphine et Michel Herreria

Du 10 au 22 novembre

La démarche de Delphine et Michel Herreria prend sa source dans la lente dégradation des codes, des signes et des repères. La brutalité est donc un parti pris. Cette tête, venue d’une légèreté lointaine, convoque la matière organique travaillée d’agonies et de défaites, et cherche en vain dans l’aveuglement du monde l’explication de la nécessité tragique de son pourrissement. Cette tête qui s’assèche, perd peu à peu sa consistance et sa netteté, nous renvoie un regard dépouillé de toute énergie propre, où la lumière s’imprègne en pure perte. Ce regard ne suggère rien, ne rappelle rien, ne signifie rien. C’est un vide intolérable. Mais il n’en constitue pas moins une sorte de résistance. Une résistance qui n’a rien de négligeable. C’est un cri qui impose son espace et ronge, comme un acide, le silence. C’est un appel à la vigilance. Auteur : Didier Arnaudet

Delphine Herreria (née en 1969) et Michel Herreria (né en 1965) vivent et travaillent à Bordeaux. Exposent depuis 1988, en France et à l’étranger. Michel Herreria est représenté par la galerie Decimus Magnus Art, à Bordeaux.

Patrick AltmanSans titre, 2003
de Patrick Altman

Du 27 octobre au 8 novembre

Photographe en chef au Musée national des beaux-arts du Québec, Patrick Altman puise directement dans la matière muséologique de son environnement professionnel. Les collections, fonds d’archives et différents objets de conservation, servent de supports à ses photographies et à ses installations photographiques.

Ce projet d’affiche n’échappe pas à ces données. Composée d’un détail noir et blanc, extrait d’un des tableaux d’Antoine Plamondon, important portraitiste québécois du XIXème siècle, et d’interventions relevant d’une pratique plus moderne de la peinture, cette affiche confronte deux époques importantes de l’histoire de l’art.

Patrick Altman est né à Paris, en 1950. Il vit et travaille actuellement à Québec. Membre fondateur de la revue d’art actuel Inter, il a réalisé plusieurs installations photographiques in situ et participe à de nombreuses expositions personnelles et collectives au Québec et à l’étranger (en Europe et en Asie notamment).

Frank TallonTout va bien, 2003
de Frank Tallon

Du 13 octobre au 25 octobre

Le graphiste a la qualité rare de se mettre dans le sens des autres, distillant son esprit, ses idées, dans ceux des autres. Ici, Frank Tallon crée une image pour lui, pour dire, lui qui d’habitude dit pour les autres. Au départ, il voulait saturer l’espace qui lui était imparti. Au terme d’une négociation, toujours à la base de son travail, les petits personnages, ses caractères, contraints d’envahir l’espace de l’affiche qui devait les recevoir, ont obtenu de se retirer au fur et à mesure, laissant la place à l’épure, profitant tout juste d’un mouvement concentrique pour entériner la bonne nouvelle du jour.

Il nous dit « Tout va bien »; doit-on le croire? Ceux qui se sont confiés à lui, pour qu’il exprime ce qu’ils ont à porter, le disent toujours. Auteur : Frédérique Magal

Frank Tallon est graphiste. Né en 1967, il vit et travaille entre Bordeaux et Paris. Collabore régulièrement avec des artistes, architectes, écrivains et notamment avec Périphériques architectes (IN-EX Projects), Arc en rêve centre d’architecture, Le FRAC collection Aquitaine, Le bleu du ciel. Intervient également dans différentes écoles d’art.

Nicolas Baier et Emmanuel GallandREVENEZ NOUS VOIR, 2003
de Nicolas Baier et Emmanuel Galland

Du 29 septembre au 11 octobre

Partenaires de sorties et autres causeries sans fin, du Laïka en passant par l’Axe, le Stock, le Kentucky-Dancing, le Miami, le Tokyo, le Mile-End ou encore le Jello Bar d’une certaine époque, Nicolas Baier et Emmanuel Galland, parcouraient le « Montreal-by-night » (soit 1,5 km2). Sortie du Bily Kun, vers les 3h30 du matin, sous la pleine lune. La ville irise de tous ses feux et les néons électrisent leurs méninges.

Regards hagards sur les vitrines de dépanneurs fermés et sur les quelques égarés planqués dans les comptoirs à Pizzas 99. Un ou deux taxis Diamond se font désirer, les chauffeurs haïtiens scrutent le chaland. La porte du Nettoyeur Ville-Marie attire soudainement leur attention : « Regarde un peu l’affiche ! » s’exclame l’un ou l’autre (?). Spontanément, des rires étouffent le silence de la nuit, sorte d’entre-deux, complice… Auteur : Emmanuel Galland

Nicolas Baier est né en 1967. Il vit et travaille à Montréal. Membre du Centre d’art et de diffusion Clark, depuis 1993. Son œuvre photographique a été présentée dans plusieurs expositions personnelles et collectives au Canada et à l’étranger, depuis 1992.
Emmanuel Galland
est né en France en 1966. Il vit et travaille à Montréal depuis 1989 où il a été membre actif de plusieurs centres d’arts (MUTEK, Espace Vidéographe, Clark) et poursuivant en parallèle sa pratique artistique qu’il expose régulièrement au Canada.

Merci à Michel Martin et à Jacob Herzel du Nettoyeur Ville-Marie (350, boulevard Mont-Royal Est à Montréal) pour leur assistance technique.

Babeth RambaultAllô, Hercule Poirot
de Babeth Rambault

Du 15 sept. au 27 septembre

L’origine du mot problème, son étymologie, englobe un double mouvement. Le problème est un bouclier qui protège en même temps qu’un objet lancé vers l’autre par surprise. Étymologie qui renvoie le problème à son opacité et place l’objet comme moyen d’engager des postures. Tantôt le repli, attitude défensive, tantôt l’attaque. Dans ce sens, Babeth Rambault propulse les objets dans l’espace des problèmes : mi-couvertures et mi-patates chaudes.

Le problème, parce qu’il est coordonné, invite à la lecture, au décryptage. Mais pour nous, spectateurs, cette invitation, a priori ludique, retourne vite d’une tentation fatale ; car, une fois l’enchaînement huilé, la pente nous conduit dans l’indifférencié : trou noir, inondation, vide. Égarés dans un lieu où les nœuds se sont défaits, nous sommes privés du retour en arrière. Pendant que nous suffoquons sous les formules, pour trouver la surface, le cadre, la structure, déjà, d’autres se font noyer. Cette littérature n’est pas imbuvable mais pour analphabètes, pas pour lettrés. Auteur : Guillaume Pinard

Babeth Rambault est née en 1971. Elle vit et travaille à Marseille.
Elle a réalisé une résidence d’artistes à Monflanquin (association Pollen) dans le Lot-et-Garonne. Elle expose, depuis 1997, en France et à l’étranger.